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Laser ou radiofréquence : lequel des deux règle ce que vous voyez au miroir

Le laser refait la surface de la peau, la radiofréquence refait son soutien. Ce que chacun corrige, ce qu'il ne corrige pas, et comment choisir.

Femme dans la quarantaine de face en lumière douce, la joue et la mâchoire bien visibles, Clinique DC à Sainte-Rose, Laval

Vous voulez une belle peau. Tout le monde dit la même phrase, et personne ne parle de la même chose. Certaines personnes regardent leur teint, leurs pores, une tache qui s'installe sur la pommette. D'autres regardent le bas du visage, un ovale qui s'adoucit, un cou qui ne tient plus la ligne.

Ce sont deux problèmes différents, à deux profondeurs différentes. Ils ne se règlent pas avec la même énergie, et c'est pour ça qu'on peut sortir déçu d'un traitement pourtant bien fait : le bon appareil a travaillé la mauvaise couche.

Voici comment faire la différence entre les deux, et comment le temps d'arrêt finit souvent par trancher à votre place.

Deux couches, deux chantiers qui n'ont rien à voir

La peau n'est pas une feuille. Il y a l'épiderme, la couche du dessus, celle qui porte la couleur, le grain, les marques et l'éclat. Et il y a le derme, en dessous, le matelas de collagène et d'élastine qui tient tout ça tendu.

Quand l'épiderme va moins bien, ça se voit à la lumière. Le teint perd son reflet, les pores se lisent de plus loin, les étés laissent des taches brunes qui ne partent plus à l'automne. Quand le derme se relâche, ça se voit à la forme. La joue descend, la mâchoire se floute, le cou s'adoucit.

Un traitement de surface ne remonte rien. Un traitement de structure n'efface aucune tache. Ce n'est pas une question de puissance ni de prix : chaque énergie sait faire une chose, et pas l'autre.

Il existe un test très simple pour savoir où vous vous situez. Prenez une photo de vous en lumière naturelle, sans maquillage, et demandez-vous ce qui vous dérange en premier : la couleur de la peau, ou la ligne du visage. Si vous hésitez, c'est souvent que les deux ont commencé, et on y revient plus bas.

Le tableau qui suit fait le tri en dix secondes :

Ce qui vous dérange en premierLa couche en causeCe qui y répond
Un teint terne, des pores qui se voientLa surfaceLe laser fractionné
Des taches qui restent après l'étéLa surfaceLe laser fractionné
Une joue qui descend, une mâchoire qui se flouteLa structureLa radiofréquence
Un cou qui ne tient plus la ligneLa structureLa radiofréquence
Un peu de tout çaLes deuxLes deux, dans un ordre précis

Ce que le laser fractionné non ablatif refait vraiment

Le LaseMD Ultra est un laser fractionné non ablatif. Les deux mots comptent.

Fractionné veut dire qu'il ne traite pas toute la surface d'un coup. Il dépose une trame de micro-colonnes et laisse de la peau intacte entre chacune, ce qui permet à la zone de se réparer à partir de ses propres bords, donc plus vite. Non ablatif veut dire qu'il ne vaporise pas la couche du dessus : il passe à travers et chauffe en dessous, la surface reste en place.

Ce principe porte un nom, la photothermolyse fractionnée. Il a été décrit en 2004 dans la revue Lasers in Surgery and Medicine (Manstein et coll.), et c'est lui qui a permis de retravailler la peau avec beaucoup moins de convalescence que les lasers qui retirent toute la surface. Le LaseMD Ultra l'applique avec un laser thulium de 1 927 nm.

Cette deuxième précision évite une confusion qui traîne partout. Les pages qui promettent un raffermissement spectaculaire au laser parlent presque toujours du CO2 ablatif, qui retire réellement la couche superficielle et demande une à deux semaines de récupération. Ce n'est pas la technologie qu'on utilise ici, donc ce n'est pas le résultat qu'il faut attendre de nous.

Ce que le laser non ablatif vise, lui :

  • l'apparence des taches pigmentaires et l'uniformité du teint ;
  • le grain de peau et les pores qui se voient trop ;
  • l'éclat, ce reflet que la peau perd quand son renouvellement ralentit.

Il soutient aussi la production de collagène, donc il y a un effet raffermissant. Mais il est progressif et discret, et ce n'est pas son chantier principal. Si votre reproche au miroir est un ovale qui bouge, vous allez trouver le résultat mince.

Côté sensation, on est loin de l'épreuve. La plupart des gens décrivent une chaleur et de légers picotements, proches d'une exposition au soleil, et une crème anesthésiante est appliquée avant la séance. Le travail se fait en série, avec quelques semaines entre les séances pour laisser la peau récupérer. Le nombre exact se fixe à l'évaluation, parce qu'il dépend de ce qu'on voit sur votre peau et pas d'un forfait décidé d'avance.

Pièce à main du laser posée sur la joue d'une personne allongée

Ce que la radiofréquence refait, et qu'aucune lumière ne fera

Le XERF ne produit pas de lumière. Il fait passer un courant de radiofréquence, et c'est la résistance naturelle des tissus qui produit la chaleur, en profondeur, de façon contrôlée.

Selon son fabricant, Cynosure Lutronic, le XERF combine deux fréquences (2 MHz et 6,78 MHz) pour chauffer à plus d'une profondeur, et il lit la résistance de la peau à chaque impulsion pour ajuster l'énergie. Santé Canada l'a homologué pour le relâchement de la peau du visage et du cou.

Cette chaleur fait deux choses. Elle resserre le collagène déjà présent, tout de suite. Puis elle déclenche la fabrication de nouveau collagène dans les semaines et les mois qui suivent. D'où un petit effet visible en sortant, et une amélioration qui continue de se construire ensuite, sur plusieurs mois.

Concrètement, c'est le bas du visage qui reprend du tonus, la ligne de la mâchoire qui se précise, le cou qui suit. Chez nous, la séance couvre le visage complet, jusque sous les yeux, le cou et le décolleté : il n'y a pas de zone à ajouter en cours de route.

La séance elle-même n'a rien d'impressionnant. On nettoie la peau, on applique un gel conducteur, on passe la pièce à main par zones en montant progressivement en chaleur. Pas d'aiguille, pas d'anesthésie, et l'intensité s'ajuste à votre confort pendant tout le traitement.

Et parce qu'elle chauffe par résistance au lieu de viser un pigment, la radiofréquence ne dépend pas de la couleur de votre peau. C'est une différence de fond avec tout ce qui fonctionne à la lumière, et elle a des conséquences pratiques dont on parle dans deux sections.

Sa limite, en revanche, est nette : aucune énergie ne retire de la peau. Sur un relâchement important, avec un excès de peau franc, c'est la chirurgie qui donne le résultat. Vous dire autre chose vous coûterait une séance pour rien.

Les deux, côte à côte

Laser fractionné (LaseMD Ultra)Radiofréquence (XERF)
L'énergieLa lumière, un laser thulium de 1 927 nmUn courant de radiofréquence, sur deux fréquences
La couche viséeLa surface : l'épiderme et le haut du dermeLa structure : le derme profond et ce qui le soutient
Ce qui s'amélioreLe teint, le grain, les pores, l'apparence des tachesLa fermeté, l'ovale, le cou
Pendant la séanceCrème anesthésiante, chaleur et picotementsNi aiguille, ni anesthésie
AprèsEnviron 24 à 48 h de rougeurs, parfois une fine desquamationUne rougeur légère qui passe, aucun arrêt
Le soleilOn évite le bronzage avant et aprèsAucune contrainte de saison
La couleur de peauRéglages adaptés au phototypeNe dépend pas de la couleur de la peau
Le résultatProgressif, séance après séanceUn premier effet, puis 3 à 6 mois de construction

Le temps d'arrêt, le critère qui décide pour de vrai

Voilà où le choix se fait, bien plus souvent que sur la théorie des couches.

La radiofréquence ne demande rien. Une rougeur légère peut apparaître, elle passe, et vous repartez travailler. On peut la faire un jeudi et sortir le vendredi sans que personne ne remarque quoi que ce soit.

Le laser, lui, demande quelques jours. Attendez-vous à des rougeurs et à une sensation de coup de soleil pendant environ 24 à 48 heures, parfois suivies d'une fine desquamation. Ce n'est pas dramatique, ça se couvre, mais ça se voit de près.

Une chose à savoir : aucun resurfaçage n'est vraiment sans temps d'arrêt, même quand il est non ablatif. Une clinique qui vous annonce zéro jour de récupération vous prépare une mauvaise surprise le mardi matin.

Donc la question pratique n'est pas de savoir lequel est le meilleur. Elle est de savoir ce qui est écrit dans votre agenda. Un mariage dans dix jours, une présentation lundi, des photos de famille le week-end prochain : ça ne change pas le plan, ça change l'ordre dans lequel on l'exécute.

Pourquoi un traitement de lumière se planifie avec la saison

Deuxième contrainte de calendrier, et elle ne touche qu'un des deux.

Un laser demande une peau qui n'est pas bronzée. On évite le bronzage et l'exposition directe environ 2 à 4 semaines avant et après la séance, et l'écran solaire FPS 30 ou plus devient non négociable pendant la récupération. C'est exactement pour ça que les traitements de peau se planifient à l'automne et à l'hiver : la peau est revenue à sa couleur, et les semaines qui suivent ne sont pas des semaines de plage.

La radiofréquence n'a pas cette contrainte, puisqu'elle ne vise aucun pigment. Elle se fait toute l'année, y compris en juillet.

L'American Academy of Dermatology le dit sans détour : une peau bronzée ou brûlée par le soleil ne se traite pas au laser, parce que le risque de brûlure et de tache devient réel. Avant un laser, on vérifie donc trois choses :

  • aucun bronzage, ni au soleil ni en cabine, dans les semaines d'avant ;
  • un écran solaire FPS 30 ou plus, tous les jours ;
  • une date qui ne tombe pas juste avant des vacances au soleil.

Ce qui donne un calendrier assez simple à retenir : la structure quand vous voulez, la surface quand le soleil se retire.

Profil d'une personne, la ligne de la mâchoire et le cou nets

Quand les deux se suivent, et dans quel ordre

Dans beaucoup de cas, la vraie réponse n'est ni l'un ni l'autre : c'est les deux, dans un certain ordre.

Une peau de quarante-cinq ans peut très bien avoir un teint marqué par les étés et, en même temps, un ovale qui commence à bouger. Traiter une seule couche laisse l'autre parfaitement visible, et c'est souvent ce qui fait dire que le traitement n'a rien donné alors qu'il a fait son travail.

On ne les fait pas le même jour. Deux chaleurs sur la même peau dans la même heure, c'est une agression inutile. On les enchaîne, et on laisse la peau redescendre entre les deux.

L'ordre se discute, mais une logique revient souvent. On commence par la structure, parce que c'est elle qui met des mois à se construire, et on travaille la surface pendant que le collagène se refait en dessous. Quand un événement presse, on inverse : la surface se fait assez tôt pour que la peau ait le temps de se calmer, et la radiofréquence se glisse à peu près n'importe quand, y compris tard.

Votre situationCe qu'on fait en premierCe qui suit
Aucune date qui presseLa radiofréquenceLe laser, pendant que le collagène se refait
Un événement dans quelques semainesLe laser, assez tôt pour que la peau se calmeLa radiofréquence, même près de la date
L'été qui arriveLa radiofréquenceLe laser, à l'automne

Dans les deux cas, c'est une esthéticienne médicale qui tient la pièce à main. Et le plan combiné se décide en consultation, sur votre peau, pas dans un article qui ne l'a jamais vue.

Ce qu'on regarde avant de trancher, et ce qu'on vous dit sans attendre

Vous n'avez pas à arriver en sachant si votre problème est la surface ou la structure. C'est le travail de l'évaluation, et voici ce qu'on vous en dit d'avance.

On regarde la qualité de votre peau à l'analyse de peau 3D. Elle montre la pigmentation qui dort sous la surface et qu'on ne voit pas encore à l'œil nu, l'état du grain, les endroits où la couleur s'accumule. C'est ce qui évite de traiter une tache visible en ignorant les cinq qui montent derrière.

On regarde ensuite la forme, au repos et en mouvement, parce qu'un relâchement se lit beaucoup mieux debout que sur une photo de face. Et on tient compte de votre phototype, qui ne change rien à la radiofréquence mais qui change les réglages d'un traitement de lumière.

Enfin, on vous dit ce qu'aucun des deux ne fera. Un pli profond, une perte de volume, une vraie descente des tissus : ce sont d'autres réponses, et on vous les nomme même quand elles ne se vendent pas ce jour-là.

Le bon traitement, c'est celui qui vise la couche qui vous dérange. Le reste, c'est de la dépense.

Questions fréquentes

Est-ce que le laser raffermit la peau ?

Un peu, et lentement. Le LaseMD Ultra soutient la production de collagène, donc la peau gagne en tonus au fil des séances. Mais si ce qui vous dérange est un ovale qui s'adoucit ou un cou qui tombe, c'est la radiofréquence qui travaille cette couche-là. Le laser reste le meilleur choix pour le teint, le grain et l'apparence des taches.

Est-ce que la radiofréquence fait quelque chose pour les taches ?

Non. Elle chauffe un volume de tissu, elle ne cible aucun pigment, et une tache brune ne la voit pas passer. C'est ce qui la rend utilisable sur toutes les carnations, et c'est aussi pourquoi elle ne remplacera jamais un traitement de surface.

Peut-on faire les deux dans le même mois ?

Oui, mais pas le même jour et pas sans plan. On laisse la peau redescendre entre les deux séances, et l'intervalle dépend de ce qu'on a fait en premier et de la façon dont votre peau a réagi. C'est le genre de calendrier qui s'établit à l'évaluation.

Combien de jours la peau pèle-t-elle après un laser fractionné ?

Comptez environ 24 à 48 heures de rougeur et de sensation de coup de soleil, parfois suivies d'une fine desquamation pendant quelques jours. Ça se couvre au maquillage, mais ça se voit de près : prévoyez la séance en fonction de votre semaine.

Est-ce qu'il faut éviter le soleil après ?

Après un laser, oui, et ce n'est pas un détail. On évite le bronzage et l'exposition directe environ 2 à 4 semaines avant et après, avec un écran solaire FPS 30 ou plus tous les jours pendant la récupération. Après une séance de radiofréquence, il n'y a pas de restriction de ce type, même si la protection solaire quotidienne reste une bonne idée toute l'année.

Sources

  • Manstein D. et coll., « Fractional photothermolysis: a new concept for cutaneous remodeling using microscopic patterns of thermal injury », Lasers in Surgery and Medicine, 2004, vol. 34, p. 426-438. Lire le résumé
  • American Academy of Dermatology, « How dermatologists treat sun-damaged skin ». Lire la page
  • Cleveland Clinic, « Radio Frequency (RF) Skin Tightening ». Lire la page
  • Cynosure Lutronic, fiche du XERF (fabricant). Lire la page
  • Cynosure Lutronic, homologation du XERF par Santé Canada (communiqué). Lire le communiqué
  • Cynosure Lutronic, fiche du laser Ultra 1 927 nm (fabricant). Lire la page

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