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Laser picoseconde ou laser traditionnel : lequel pour effacer votre tatouage ?

Picoseconde, Q-switched, excision ou dermabrasion : ce que chaque méthode fait à l'encre et à la peau, et ce que le picoseconde change pour votre tatouage.

Avant-bras avec un tatouage de feuillage gris pâle, à moitié estompé, sous une lumière chaude, à Sainte-Rose, Laval

Le laser picoseconde envoie des impulsions plus courtes que le laser plus ancien, dit Q-switched ou nanoseconde. Selon son fabricant, cette brièveté fragmente l'encre par onde de choc plutôt que par chaleur, ce qui ménage la peau autour du tatouage. Elle ne change pas le fait qu'il faut plusieurs séances, et un laser plus ancien bien réglé fait toujours partir l'encre noire.

On compare ici les quatre façons d'enlever un tatouage, ce que chacune fait à l'encre et à la peau, ce que le picoseconde apporte et ce qu'aucun laser ne règle.

Les quatre façons d'enlever un tatouage

Quand on cherche à effacer un tatouage, il existe quatre méthodes :

  • Le laser picoseconde, dont les impulsions durent un millième de milliardième de seconde.
  • Le laser Q-switched, plus ancien, dont les impulsions sont mille fois plus longues (la nanoseconde).
  • L'excision chirurgicale, où l'on découpe le tatouage au bistouri.
  • La dermabrasion, où l'on abrase la peau.

Les deux premières sont des lasers : la peau reste en place. Les deux autres retirent de la peau.

Ce que chaque méthode fait à l'encre et à la peau

Un laser n'enlève pas l'encre. Il la fragmente en particules assez fines pour que votre système immunitaire les évacue, sur plusieurs semaines. L'excision et la dermabrasion, elles, enlèvent la peau qui contient l'encre.

PicosecondeQ-switchedExcisionDermabrasion
Comment l'encre partOnde de choc, sans couperChaleur, impulsions plus longuesOn découpe au bistouriOn abrase la peau
Risque de cicatriceFaible, non chirurgicalFaibleUne cicatrice à chaque foisÉlevé, risque de taches
DouleurTolérable, petits picotementsTolérable, un peu plus chaudAnesthésie, puis sensibilitéDouloureux, plaie à vif
RécupérationMinime, quelques joursMinime à modéréePoints de suture, des semainesPlaie ouverte, des semaines
SéancesPlusieurs, souvent moinsPlusieurs, souvent plusUne interventionUne ou deux
Ce que ça viseLa plupart des tailles et des couleursLarge, selon la couleurPetits tatouages seulementPetites zones

Ce tableau reprend celui de notre fiche de détatouage. Le nombre de séances et les résultats varient selon l'encre, la taille et la peau.

Entre les deux lasers, la différence tient à la chaleur et au nombre de séances. Entre les lasers et le reste, elle tient à la cicatrice.

Pièce à main du laser picoseconde PicoSure tenue à la main, devant un fond doré

Picoseconde ou nanoseconde : ce que la durée d'impulsion change

Un laser plus ancien chauffe la particule d'encre jusqu'à ce qu'elle éclate, et cette chaleur gagne aussi la peau autour. Le picoseconde raccourcit l'impulsion au point que la particule est secouée et se brise avant que la chaleur se propage, selon le fabricant. Moins de chaleur autour, c'est moins de risque pour la peau.

Est-ce qu'il demande moins de séances ? Souvent, selon le fabricant et selon notre comparatif, mais on ne vous le promet pas. À la clinique, le parcours est de 8 à 10 séances, parfois plus, aux 6 à 8 semaines : c'est votre corps qui évacue l'encre fragmentée, et aucun laser ne va plus vite que lui.

Et le laser plus ancien ? La mise à jour clinique de Ho et Goh (2015) le présente comme la méthode établie, avant l'arrivée des picosecondes. Bien réglé, il reste efficace sur l'encre noire dense. Le picoseconde n'a pas rendu cette méthode inutile ; il ajoute surtout une marge pour la peau voisine. Les complications possibles de chaque technique sont passées en revue dans une revue de Kassirer et coll. parue dans le Journal of the American Academy of Dermatology en 2025.

Excision et dermabrasion : ce qu'elles retirent, c'est la peau

L'excision enlève le tatouage avec la peau qui le porte, puis on referme avec des points de suture. Elle laisse toujours une cicatrice et ne convient qu'aux petits tatouages. En contrepartie, tout se règle en une seule intervention. Si votre tatouage est petit et que l'idée d'une cicatrice fine vous dérange moins que celle de dix séances, l'option existe.

La dermabrasion abrase la peau jusqu'à ce que l'encre parte avec elle. La plaie est à vif et guérit pendant des semaines, avec un risque élevé de taches. Elle s'adresse à de petites zones, en une ou deux séances.

L'American Academy of Dermatology intitule sa page sur le sujet « Tattoo removal: Lasers outshine other methods », ce qui va dans le sens du tableau plus haut.

Un bras avec un tatouage de fleurs en couleur : coquelicot rouge, souci orange, tournesol jaune et papillon bleu

Ce qu'un laser picoseconde ne change pas

Quatre choses restent vraies avec n'importe quel laser :

  • Le nombre de séances. Le plus souvent de 8 à 10, parfois plus, aux 6 à 8 semaines. Un ombrage léger peut partir en 1 à 4.
  • Les couleurs. Une seule longueur d'onde ne voit pas toutes les encres, et c'est la longueur d'onde qui compte, pas la durée de l'impulsion. Le jaune, le vert et le bleu demandent un embout dédié, qu'on a, et restent plus longs que le noir. Le blanc et les pastels répondent mal partout et peuvent même foncer.
  • Le phototype. Le PicoSure vise l'encre et la mélanine. Sur une peau foncée, le laser ne distingue plus l'encre de la peau et le risque de dépigmentation devient réel. Le traitement reste possible, même avec un picoseconde, mais sa sécurité n'est pas une certitude : la clinique préfère ne pas prendre ce risque et ne traite pas ces phototypes. Ça se confirme à l'évaluation, en personne.
  • La garantie. Une encre très dense ou très ancienne peut laisser une ombre après dix séances.
Aucune méthode, laser ou chirurgicale, ne garantit un effacement complet.

Ce qu'on regarde à l'évaluation

À la Clinique DC, le détatouage se fait au PicoSure, par une esthéticienne médicale, sous encadrement médical. Une séance dure 15 à 30 min.

À l'évaluation, on regarde la taille, les encres et la profondeur, puis on vous donne un nombre de séances à viser et ce qui pourrait le faire bouger. La fiche du détatouage donne le barème par taille, et la page PicoSure explique l'appareil.

Les questions qu'on nous pose

Le laser Q-switched est-il dépassé ?

Non. C'est la génération précédente, et elle fait toujours partir l'encre noire. Le picoseconde raccourcit l'impulsion, ce qui chauffe moins la peau voisine, selon le fabricant. Chez nous, le détatouage se fait au PicoSure.

L'excision chirurgicale est-elle plus rapide ?

Oui, elle se fait en une intervention. Elle laisse en revanche une cicatrice à chaque fois, elle ne convient qu'aux petits tatouages et la récupération passe par des points de suture, pendant des semaines. Un laser demande plusieurs séances, mais la peau reste en place.

La dermabrasion fonctionne-t-elle sur un grand tatouage ?

Elle s'adresse aux petites zones. Sur un grand tatouage, la plaie à vif serait à l'échelle du dessin, avec des semaines de guérison et un risque élevé de taches. Pour un grand tatouage, le laser est la voie à discuter.

Sources

  • Ho S. G. Y., Goh C. L., « Laser Tattoo Removal: A Clinical Update », Journal of Cutaneous and Aesthetic Surgery, 2015, vol. 8, no 1, p. 9-15. Lire l'article
  • Kassirer S., Zachary C. B., Marini L., Adatto M., Landau M., « Laser tattoo removal strategies: Part II: A review of the methods, techniques, and complications involved in tattoo removal », Journal of the American Academy of Dermatology, 2025, vol. 93, no 1, p. 19-32. Lire le résumé
  • American Academy of Dermatology, « Tattoo removal: Lasers outshine other methods ». Lire la page
  • Cynosure Lutronic, fiche du PicoSure (fabricant). Lire la page

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